Séminaire EHESS 2018-2019

Les arts en Afrique et dans ses diasporas : pratiques, savoirs, mobilités - avec Huey Copeland

Jeudi 15 novembre 2018, à 19h30

Auditorium - Cité internationale des arts
partenaires

Séminaire organisé par Christine Douxami, maître de conférences à l’Université de Besançon (IMAF), Sarah Fila-Bakabadio, maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise (MONDA-CENA) et Dominique Malaquais, chargée de recherche au CNRS (IMAF).

Carlo Celius, chargé de recherche au CNRS (IMAF), Anne Doquet, chargée de recherche à l’IRD (IMAF) et Éric Jolly, chargé de recherche au CNRS (IMAF) participent à l’animation du séminaire.

 

 

Crédits photo : Sans titre (portrait de Bienvenu Nanga, Mega Mingiedi et Eléonore Hellio, Kinshasa 2013) © Sean Hart 

« Solar Ethics »

 

Ce séminaire propose de réfléchir aux rôles moteurs des formes, des pratiques et des savoirs artistiques dans l’élaboration et dans la circulation de structures, mouvements, idéologies et imaginaires politiques sur le continent africain et dans ses diasporas. Nos travaux porteront sur les arts visuels et performatifs au sens large du terme (danse, théâtre, arts plastiques, photographie, cinéma, musique, littérature, arts numériques…) et s’inscriront dans une démarche à la fois critique et transdisciplinaire. Anthropologie, histoire, histoire de l’art, sciences politiques, cultures visuelle et matérielle, études coloniales, postcoloniales, décoloniales et diasporiques de l’Afrique… se côtoieront et se questionneront mutuellement. Les séances s’articuleront autour de présentations de chercheurs et/ou de praticiens – artistes, acteurs culturels, activistes. Divers et reflétant une large palette de points de vue, les travaux et les approches présentés auront en commun de prendre acte du fait que travailler (sur) les intersections entre art et politique suppose un engagement au fondement duquel la réflexion et la théorisation sont de mise.

 

Thématique du cycle 2018-2019 : Afriques futures 
Futur ou, mieux, futurs. Futurs de villes, d’écologies, de constructions des genres ; futurs des techniques et des sciences ; de la violence – politique, économique, sociale ; de l’espoir ; des notions mêmes de futur… Penser, dire, donner corps à ces futurs et à d’autres, connexes, depuis les Afriques : telles sont les tâches que se fixent à travers leurs pratiques et leur réflexions les plasticien.ne.s, cinéastes, performeur.e.s et écrivain.e.s, les philosophes et chercheur.e.s, les commissaires et activistes culturel.le.s qui interviendront dans le séminaire en 2018-2019. Engagées, indociles, voire radicales, les propositions qu’elles.ils développent mettent à mal aprioris et doxas.

 

 

Huey Copeland est professeur d’histoire de l’art à Northwestern University (Evanston, USA). Il y est affilié au Programme sur la théorie, le genre et la sexualité, au Département d’études africaines-américaines et au Département de théorie et de pratique des arts. Sa recherche et son enseignement portent sur les articulations entre Blackness et champs visuels dits « occidentaux » dans l’art moderne et contemporain. Membre du comité de rédaction de Artforum, Copeland a publié de nombreux articles et essais dans des revues allant de American Art à Small Axe, dans des anthologies, dans des catalogues d’exposition. Il est l’auteur de Bound to Appear : Art, Slavery, and the Site of Blackness in Multicultural America (University of Chicago Press, 2013). Actuellement, il travaille sur une série de projets éditoriaux qui explorent les intersections entre race, genre et esthétique dans le monde moderne.

 

Dans cette intervention, issue de son ouvrage à paraître Touched by the Mother : On Black Men and Artistic Practice, 1966-2016, l’historien de l’art et critique Huey Copeland interroge les façons dont on se souvient des pratiques radicales des années 1960 et 1970 et les manières dont elles sont travesties et recadrées. A cette fin, il se focalise sur l’héritage du jazzman, prophète et compositeur Sun Ra, dont il examine l’impact sur les pratiques artistiques contemporaines. Basé sur le travail d’artistes américains et européens tels Rashid Johnson et Mai-Thu Perret, l’intervention de Copeland problématise les théorisations de l’« Afrofuturisme » ainsi que les appropriations des formes et de l’esthétique de Sun Ra. Elle plaide pour des modes d’engagement artistique qui entretiennent une relation proche avec le passé récent et qui, au-delà de simples analogies esthétiques, procèdent selon la logique opératoire de la philosophie de Sun Ra. Copleand défend ainsi une « étique solaire », qui serait tout à la fois une source de création et un mode de critique.

informations pratiques

Entrée libre, dans la limite des places disponibles

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