arts visuels

Bad Girls Do It Well

Rebecca Topakian, Hélène Paris, Jeanne Berbinau Aubry, Laure Mary-Couégnias, Alice Guittard, Samira Ahmadi Ghotbi

du 04 au 06 avril 2019

Galerie - Cité internationale des arts
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En résonance avec Art Paris Art Fair 2019, découvrez les oeuvres de six artistes lauréates des commissions de la Cité internationale des arts : Rebecca Topakian, Hélène Paris, Jeanne Berbinau Aubry, Laure Mary-Couégnias, Alice Guittard, Samira Ahmadi Ghotbi.

 

 

Rebecca Topakian

Rebecca Topakian cherche à produire une photographie déqualifiante et anti-narrative, jouant à la fois des codes du documentaire et de formes plus poétiques et intimes. Fortement inspirée de la notion de « singularité quelconque » développée par Giorgio Agamben, sa recherche la pousse, à travers des travaux visuellement très différents, à représenter l’individu comme nœud de relations pris dans un réseau d’intentions, d’imaginaires, de désirs et de projections. Elle se plaît à explorer les possibilités techniques offertes par le médium, tant analogiques que numériques, afin de pousser ses sujets au plus loin. Que ce soit dans le livre ou dans l’exposition, Topakian accorde une grande importance aux jeux d’associations d’images, analogies et allers-retours possibles entre les photographies, les cadres ou les murs, afin de permettre une interprétation ouverte et mouvante.

Née en 1989. Après des études de Philosophie et de Géographie à la Sorbonne, Rebecca Topakian se réoriente vers la photographie et sort diplômée de l’ENSP Arles en 2015.

Elle est co-fondatrice de la résidence d’artistes el-Atlal à Jéricho en Palestine.

 

Hélène Paris

« Selon Hélène Paris, l’avenir est plus que jamais une temporalité qui nous échappe. Enroulé dans les plis du présent, il résiste à la pensée comme un inconscient. Le travail d’Hélène Paris consiste à donner forme à cet infigurable, à le faire remonter du fond de nos consciences tout en lui laissant la marque de cette crise. Dans une atmosphère ténue, les œuvres appellent à une méditation sur la matière de la contingence et de l’événement. »

Flora Katz, 2019

 

Hélène Paris vit et travaille à Paris. Sa pratique minimale s’étend du dessin à la sculpture. Dans le dessin, elle construit des univers noir et blanc figurant des impasses existentielles. Son travail a notamment été présenté à la galerie 3ème Parallèle, la Fondation Salomon ou la Young International Art Fair. Elle collabore à l’occasion avec la peintre Nelly Monnier.

 

Jeanne Berbinau Aubry

« Du sabotage considéré comme un des beaux-arts.

Durant ses études à la Villa Arson, Jeanne Berbinau Aubry a incorporé une série variée de mi- cro-savoirs en chimie, biologie, physique, etc. Cet appétit de connaissances n’était pas porté ce- pendant par un désir pur de science, une volonté de contempler hors du monde quelques idées célestes, mais par l’obsession quasi inverse de faire dérailler toutes les choses dans son entourage direct. Sa pratique s’approche le plus d’une entreprise (esthétique) de sabotage systématisé. Si Jeanne Berbinau Aubry s’est intéressée aux circuits électriques ou au processus de cristallisation, ce n’est pas ainsi pour comprendre les mécanismes de l’univers mais pour créer une lanterne magique-infernale ou un néon qui conspire à sa propre extinction. Sa libido sciendi est avant tout une libido delendi (en beauté). Et son ambition dans le domaine ne cesse de s’élargir puisque ses derniers projets impliquent le toit de l’Opéra Garnier et des plantes transformées en luminaires. A nous deux Paris donc ! Et à nous deux la Nature ! »

Patrice Blouin, 2016

 

Laure Mary-Couégnias

« Laure Mary-Couégnias est née en 1989, à Bonneville. Elle a étudié à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon, dont elle est sortie, félicitée, en 2015. Elle n’a cessé depuis de développer une œuvre qui finit, par ses sujets à s’apparenter à une sorte d’histoire naturelle. Des panthères noires, jaguars, lapins, écureuils, émeus, poissons volants, poulpes, fourmis, d’une part, mais aussi des raisins, abricots, tournesols, aubergines, qui forment l’autre face de ce domaine d’apparence paradisiaque. A cet univers qui semble se passer des humains, correspond une manière de peindre, que l’on pourrait qualifier de primitiviste, en raison des parentés que l’on peut y recon- naître, de Séraphine aux imprimés africains, mais qui vient roder également dans l’univers encore plus composite du néo-pop. Ses convictions sont en même temps les siennes, tant formelles – les grands aplats de couleurs dans les fonds qui viennent dévorer dans notre regard les créatures animales ou végétales qui s’y ébattent – que poétiques. Parce qu’il faut également imaginer tout un univers de lectures, de lettres, de billets, sous toutes ces peintures, que l’on peut très bien ne pas connaître mais qui cependant, pour qui en est instruit ou les devine, ont à voir avec leur étrangeté originelle. Chaque créature peinte peut apparaître ainsi comme une sorte de blason, c’est-à-dire une énigme adressée au spectateur qui comprend qu’il n’est plus tout à fait dans le paradis qu’au commencement il avait imaginé. »

François-René Martin, 2018

 

Alice Guittard

« Ce n’est pas la façon dont tu as dit ce que tu as dit, c’est l ’air que tu avais pendant que tu le disais... »

Les phrases d’Alice Guittard sonnent tantôt comme une réplique de Jean-Pierre Léaud, tantôt comme une prérogative sortie tout droit d’un manuel de physique : « Il est nécessaire de faire abstraction du centre en se focalisant sur tout le reste. » C’est entre ces deux extrêmes que l’ar- tiste produit une sorte de « littérature-pataphysique » ralliant l’exploration de la langue à celle de paysages hostiles, préférant aux résultats tangibles des solutions imaginaires, et aux routes toutes tracées, ses chemins de traverse. (Mathilde Villeneuve dans Fables Travesties à propos d’Alice Guittard, 2014)

C’est au travers d’éditions, de photographies, de vidéos, de sculptures et d’expérimentations qu’Alice Guittard dérive d’histoires en histoires en révélant par bribes les éléments qui constituent ses recherches s’obstinant journellement à créer les preuves d’un crime qui n’a pas eu lieu. Elle nous offre ce qui est là sous nos yeux et que personne ne voit, les formes s’offrent à elle, et elle s’occupe de leur attribuer une nouvelle destinée, comme les jouets d’un dieu fou.

 

 

Samira Ahmadi Ghotbi

Dans une attention aux détails Samira rend visible et lisible l’histoire et la mémoire d’un territoire qui est aujourd’hui lointain. A travers une pratique du dessin, de la vidéo et de la performance, Samira Ahmadi Ghotbi s’approprie les histoires familiales ou culturelles, petites ou oubliées, pour révéler une image impalpable et anachronique, qui oscille entre le passé et le présent. Le travail de Samira Ahmadi Ghotbi se présente à la fois dans l’immense et minuscule, dans le tout et le détail.

Après avoir étudié la peinture à la Faculté d’Art et d’Architecture de Téhéran, Samira Ahmadi Ghotbi a obtenu son DNSEP à l’École supérieure d’art de Clermont-Métropole où elle poursuit ses études dans le cadre de la Coopérative de recherche.

informations pratiques

Entrée libre, de 14h à 19h
Salles 4 à 7 de la Galerie