récit

Les mises en bouche d'Eva Gerson

Collection printemps/été 2019

Les mises en bouche d’Eva Gerson, c’est une marque de récits gastronomiques poétiques. Pour sa première collection printemps/été, elle sortira une carte postale-recette de saison chaque mois. Les quatre premières cartes assemblées feront apparaître une cinquième recette impossible et absolue.

 

Eva Gerson compose des récits fantasmés-poétiques qui se déploient dans l'espace à travers des installations sonores et visuelles. En 2016, elle publie son premier livre aux éditions LVM, La Dorsale Dorée et Pied de chameau ou IFE. Les mots changent de formes dans l’espace d’exposition, ils viennent orner, composer, s’effacer dans les sculptures. Dans Virus pour vierge, le tampon format A4 et sa valise encrier viennent contaminer les pages vierges. Suite à sa résidence au KuBa à Sarrebruck, Allemagne et aux vues de celle qui se préparait à Sapporo, Japon elle plonge une pièce entièrement dans le noir. Une lumière UV se déclenche à l’entrée des visiteurs dévoilant des mots, de peinture fluorescente, éparpillés sur le mur. Ils sont extraits du roman policier poétique qui verra sa suite se prolonger lors de la résidence au Japon. Les mots sont autant d’indices à relier pour découvrir ce qui se trame.  

Les mots, les récits envahissent tout.

 

 

 

Mise en bouche n°1 - Love Shot

 

J’ai le coeur en lard

“Colonnata” mon amour

La poudre de féta crépite

entre mes doigts tendus

 

Surtout ne pas flamber

Surtout ne pas dresser

 

L’asperge est étendue sur le drap

La tête fourrée dans un pli

T’as le droit qu’à une chance

Je vais te dévorer

Tout n’est qu’une histoire de cuisson

 

One shot

Cru à coeur -Paf!- dans le creux (calibre 22)

juste posés sur la saillie musculaire

“Iskatcha-Huitsch”, la crème s’envole

 

Je serre les dents

ça résonne

le Goût

 

 

Mise en bouche inspirée d'une création du cuisinier Félix Long

 

Mise en bouche n°2 - Des soupçons sphérifiés

 

Et ma betterave bat,

Un mix(e) rubis terreyx, dys aqueux.

Introduite par la lame en cercle ferme.

L'eau part en fou rire

 

Faut pas avoir peur de la couleur,

Une fois posée elle bouge plus.

 

Disposer en tas les queues, par taille.

Au loin polir le gingembre

Lécher le presse A

Sans une hésitation.

 

Je décalotte quatre fois

Au balsamique blanc

 

La cerise est nue sans noyau

Mes lèvres croquent une petite mort

Une onctuosité s'affirme

autour d'un cristal parfait

 

Un final lisse-rouge-atomique

à gober sur des globules de chèvre frais

 

 

 

 

 

 

Eva Gerson (France) est lauréate de la commission Ecritures de la Cité internationale des arts.

informations pratiques

Avertissement : textes à caractère érotique susceptibles de heurter le jeune public.

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