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Anahita Hekmat

ENTRETIEN

 

Vous avez pu bénéficier de notre programme de résidences croisées avec la Villa Bloch de Poitiers, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
 

"Durant mon temps de résidence à la Cité internationale des arts, j’ai pu travailler en collaboration avec d’autres artistes et musiciens résidents pour développer de nouveaux axes de travail. Poursuivre cette étape avec la résidence à la Villa Bloch était la suite parfaite.
 
J’avais besoin d’un temps de réflexion et de concentration pour avancer sur mon travail de récolte de témoignages et d’écriture. Proche de la nature et entourée d’artistes intéressants et d’une équipe bienveillante, j’ai eu cette possibilité de calme et la présence nécessaire pour accueillir ces histoires pas toujours facile à entendre. À la Villa Bloch, la juxtaposition de cette sérénité environnante et l’histoire particulière du lieu, occupé pendant la guerre, résonne parfaitement avec mes préoccupations actuelles."

 

Qu’est-ce que ça fait/apporte d’être à la Cité ?
 

"Depuis presque dix ans, je vis en mobilité permanente entre différentes villes à travers le monde. Paris reste pour moi un lieu de référence où je reviens toujours. Mes résidence à la Cité internationale des arts m’ont permis de créer une cohérence et une continuité dans mon parcours. J’ai pu concrétiser mes projets et les faire évoluer dans le temps. Ce temps de recherche, de partage et de questionnement – qui est très important dans la création artistique – est parfois négligé et dévalorisé, surtout dans le contexte des résidences où on attend des résultats immédiats.

 

La Cité internationale des arts est un vrai lieu d’effervescence et de rencontre. Une belle communauté d’artistes venants de tous horizons est tissée au fils des années autours de ce lieu. Durant mes résidences à la Cité internationale des arts, j’ai pu créer des dialogues en continu avec des pairs, me permettant d’enrichir mon travail et de démarrer plusieurs projets de collaborations. Je suis accompagnée par l’équipe compétente de la Cité qui s’intéresse à l’évolution de mon travail et le suivent avec intérêt en me proposant, à travers leurs réseau grandissant, de nouveaux contextes pour la création et la diffusion de mon travail."

 

 

BIOGRAPHIE

 

Anahita Hekmat explore la relation entre le site et la mémoire. Elle expérimente des dispositifs de captation et de diffusion et essaie divers processus de collaboration. Elle s’interroge sur la place du spectateur et la contextualisation des images produites. Anahita Hekmat travaille avec les nouvelles technologies et en particulier l’image en mouvement et le son. Elle utilise les médias temporels pour interroger le contexte spatial et géographique et son impact sur la perception.



Ces projets actuels retracent l’imaginaire de la guerre et les souvenirs d’enfance, ainsi que le paysage mnémonique post-cataclysmique. Pour chaque projet, elle redécouvre des strates de vécu spécifiques à chaque lieu en relation avec les facteurs politiques, historiques et sociaux et comme un moyen de transmission de la pensée esthétique. 



Elle collabore fréquemment avec des compagnies des arts vivants, des anthropologues, des ingénieurs et le public participant, sur des projets in-situ durant des résidences d’artistes. Son travail a été montré notamment au MAMC de Strasbourg, au Centquatre à Paris, au Musée Casa Blanca à San Juan, au Forum des Artistes et Pejman Foundation à Téhéran, à l'ISCP à New York, SOMARTS et Minnesota street Projects à San Francisco, UCLA, UCSB et dans des festivals de films tels que Rotterdam, Vidéoformes, Oslo, Athene et Beijing Independent.

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